Ou le jour du calage de Qu’est devenu Anselme ?

Lever 5h00
Rapide petit déjeuner
Je monte dans la voiture réservée sur « chauffeur privé » (plus de Uber, jamais) à 5h35
6h05 : arrivée Orly Ouest
6h50 : décollage
Lecture du monde des livres. Vive Baldwin, dont une édition de I’m not your negro qui m’a l’air splendide (peut-être un cadeau pour ma mère dont c’est l’anniversaire aujourd’hui).

8h00 j’atterris à Blagnac. Je prends ma voiture de location (une Skoda quelque chose avec un ridicule sigle Monte Carlo et des jantes noires, bon)
Puis. je contemple les files de voitures coincées à l’entrée de Toulouse tandis que je file vers l’autoroute A68. Je découvre que c’est le pays de Cocagne (pas du tout là où je pensais qu’il était, est-ce ma géographie qui est défaillante ou le Tarn qui se vante), je passe devant Bonrepos, la maison de Riquet.
Enfin, j’arrive à 9h05 à l’imprimerie Art et Caractère, propriété du groupe Fabre. On me fait entrer. Je suis installé dans une salle de réunion (salle du conseil) où trône un portait de Pierre Fabre il me semble (je pense au Mediator, j’hésite à tout abandonner là, maintenant, tant pis, puis je pense à Jean-Henri, et ça va mieux, merci François).
Une première personne se présente à moi. Catherine je crois. Puis Xavier, le patron, qui s’excuse de ne pouvoir faire plus. Il y a du café, des gâteaux et de l’eau, des livres, des sièges en cuir, et même des livres, que demander de plus ? Puis l’assistante de Xavier. On me prie d’attendre le chef d’atelier, Gérald.
Fanette doit me rappeler.

Il est 9h38.

Bientôt commence mon premier « calage » et je ne sais toujours pas en quoi cela consiste. J’ai pris le temps de lire le devis. Il y en a pour plus de 5 000€. La moindre erreur signerait la fin du projet llqp. Je suis confiant. Aveuglement. Il ne peut pas en être autrement.
Tout ces gens travaillent à ce qui me paraît être un miracle : imprimer une trace, un signe sur une feuille de papier. Une trace qui va rester. Je contemple en imagination tous les livres qui sont dans la bibliothèque d’Auribail, la maison de famille que nous venons tout juste de reprendre avec mon frère. Tous ces livres, toutes ces pages imprimées, reliées, serrées dans leurs couvertures, ils ont tous été ouverts, lus, au moins un peu, par un membre de ma famille, ils sont une sorte de lien indirect entre ces disparus dont je suis issu et mes enfants. C’est curieux.
Et bientôt, ce livre, issu lui de la création d’Olivier pour son fils, conçu par Fanette pour nous, va venir prendre sa place dans cette histoire là. C’est à la fois dérisoire et extraordinaire. Dérisoire, parce que ce livre va rejoindre les milliers qui tapissent les murs de la bibliothèque, qu’il aura à peine le temps de se faner à la lumière des librairies,

« Même dans les meilleurs livres, il y a au moins un S à l’envers »